LA SCENE

 

TULAVIOK a d’abord été un groupe de scène, avec un visuel décapant, surtout grâce aux facéties théâtrales du Bleu pendant les concerts.


A) LES CONCERTS MEMORABLES

Au total, TULAVIOK aura joué un peu plus de 200 fois sur scène, durant les 4 années et demi de son existence. Les plus emblématiques de ces concerts sont les suivants :

Le premier concert de TUE LA VIOCK (car à l’époque, le nom s’écrivait comme ça et non TULAVIOK) a lieu le vendredi 21 décembre 1984, dans la salle de l'Evêché à Uzes, entre les groupes ROBINET et MOISISSURES.

Au tout début de TULAVIOK, nous avons comme quartier général un rade d'Uzes, le Médiéval. Nous y organisons nos propres concerts dans la cave du sous-sol, grâce au soutien de Michel et Françoise, les tenanciers du bar. C'est là surtout que nous réussissons à rassembler nos premiers fans, puis les potes des potes et ainsi de suite, pour transformer nos concerts en grosses soirées festives. Et tout naturellement, nous avons fait profiter de cette cave à une multitude de groupes du coin, comme MOISISSURES, KIDNAPPERS, ou LES SHERIFF par exemple. C'est d'ailleurs à cause du concert des VIERGES de Montpellier, dont le pote du chanteur provoque gratuitement un méchant baston, que la cave du Médiéval ferme définitivement.

Le concert de la fête de la musique d'Ales, en Juin 1985. Le rad est tellement petit et tout en largeur que Loulou joue au fond collé au mur, Mimi devant le comptoir et Daniel, le chanteur dans le caniveau à l'extérieur. On arrêtera la circulation, tellement il y aura du monde.

Autre concert mémorable : celui de Joué-les-Tours, au festival du Grand Bourreau, dans une grande grange où nous avons joué après REACTORS et avant DIRTY DISTRICT et LES SHERIFF. C'est un gros festival en plein hiver. Il y fait tellement froid que tous les musiciens jouent assis à cheval sur une énorme bouche d'aération chaude.

A Perpignan, à la Base, nous jouons dans un immense hangar où se trouve une carlingue d'avion, lieu surprenant de surréalisme.

Un endroit hors du temps nous laisse un bon souvenir, "le Relais de Trabouliac", un festival d'été avec un public où punks, babas, rockers et skins se mélangent. Daniel, le premier chanteur, tombe de scène et roule dans la pente, le public le remontant sur le rocher qui sert de scène.

Un concert sous le Pont du Gard, avec une immense bande de rockeurs des années 50, qui se mettent à danser frénétiquement le Rock'n'Roll sur notre musique. Ce n'est pas le pogo, mais ça réchauffe énormément nos petits coeurs.

Mauvaise surprise un lendemain de concert à Remiremont dans les Vosges. Le grand porche de l'église qui se trouve tout proche de la salle où nous avons joué, est placardé d'affiches de Tulaviok, celle de la bite dans son fauteuil roulant. Scandale assuré, les grenouilles de bénitier laissant couler leur venin.



A Nice, pour un concert privé chez les "Echappés du Bocal", qui éditent un super fanzine, Mimi est tellement saoul, qu'il lui est incapable de chanter en même temps qu'il joue de la gratte, à notre grande désolation. Le concert se termine en eau de boudin, avec une bagarre à la clé.

A Vallon-Pont-d'Arc, en Ardèche, le patron du camping nous a embauché pour animer la soirée du 14 juillet 1987. On est venu avec notre bus Saviem et une vingtaine de copains. Au bout de 5 minutes de musique, le gars nous demande d'arrêter de jouer, car les touristes allemands présents dans le camping ne peuvent pas dormir. Devant notre refus intempestif, il coupe le jus. Loulou entonne une Marseillaise punk à la batterie. S'en suit une grosse altercation verbale et comme il a peur d'un baston général, il accepte de doubler notre cachet pour qu'on arrête le concert. Marché conclu et grosse fête avec les copains au bord de l'Ardèche.

A Muzillac (la Demie-Lune), Mimi nous a repéré un endroit où dormir la nuit : un vieux manoir abandonné, sans fenêtres ni portes. En nous réveillant le lendemain matin, nous constatons que le sol est jonché de poubelles et détritus, pire que dans un squatt londonien.

Au Plan, à Ris-Orangis, un groupe américain "LES BEATNIGS" avec Michael Franti, fait notre première partie. Ils nous en mettent plein la vue : musiques industrielles avec utilisation de vraies machines sur scène. Nous sommes médusés par ce groupe super-engagé alliant le hip-hop au funk, au punk et au hard-core.

A Annecy, nous nous présentons au concert sans Mimi, qui a dû précipitamment quitter la tournée pour rentrer à Montpellier. D'un commun accord, il est décidé de jouer le gigue quand même. Loulou plante sa batterie en travers sur le devant de la scène, et assure le chant durant tout le concert en lieu et place de Mimi, avec Fabrice le nouveau guitariste qui assure comme un chef à la guitare.

A Saint-Affrique le 14 juillet 1989, nous participons à un concert de soutien à la cause des villages roumains promis à la destruction par CAUCESCU : "Certains fêtent la révolution, d'autres la veulent" tel est l'intitulé de ce mini-festival où jouent également KAMBRONES et LES SHERIFF. Petit Claude, notre pote breton, est déjà sur place à notre arrivée. Il est tellement bourré, qu'il va comater au début de notre balance à 5 heures de l'après-midi, pour ne se réveiller que 12 heures plus tard, au moment du départ du camion pour le retour vers Montpellier.

Remerciements à tous les bars de Bretagne qui sont, sans hésitation, les lieux les plus sympas de France : Quimper (L'eau Blanche), Callac (Le Chihuahua), Maël-Carhaix (les Eléphants Roses), Quintenic (l'Eclipse), et autres coins de rigolade comme à Clermont-Ferrand (Les salles gosses), Codognan (le Fun-Club), Nîmes (le Discret, l'Hacienda), Montbéliard (l'Atelier des Môles), Grenoble (la Zone Interdite), Marseille (la Machine à Coudre), Oullins (à la M.J.C.), Toulouse (Inauguration de l’Espace F.M.R.), Montpellier (le Rockstore, l'inauguration de la Pleine Lune, la salle Victoire), et Avignon, Le Teil, Brest, Saint-Brieuc, Concarneau, Questembert, Poitiers, Millau, ....

 

B) LES TOURNEES MARQUANTES

En été 1985, première tournée dans le sud-ouest et en Bretagne : tournée “ TOUCHE PAS MON BOCK “ avec MOISISSURES en première partie ("Touche pas mon bock" était un joyeux pied-de-nez au mouvement "Touche pas mon pote" né cette année-là).
- Montpellier, concert de départ
- Béziers, Allées Paul Riquet
- Toulouse (Le Club 57),
- Bordeaux (Le Jimmy) où aura lieu une bagarre mémorable contre “le Duc de Bordeaux”, un sinistre skin-faf, accessoirement deuxième ligne de rugby à Bègles, celui-ci décidant d’engager un vilain “pogo pour faire mal”, avec le premier quidam voulant s’approcher de la scène,
- La Rochelle, Nantes puis la Bretagne, une dizaine de dates dans des bars plus sympa les uns que les autres, dont Questembert (La Vieille Forge), Plouha (Le Gavelot) ou Pordic (Le Petit Havre)

Moyens de locomotion: une voiture particulière et une estafette J9 dont le toit explose sous le tunnel d'un pont autoroutier devant les flics à Toulouse, à 3 heures du mat, à la sortie d'un concert particulièrement arrosé au Café Soluble. Du coup la tournée continue avec une bonne bâche sur le toit, tout le monde (9 personnes) assis et couché derrière avec le matos des 2 groupes (sympa le confort et le bruit) à l'air libre. Le grand Bruno passera la tournée à dormir tous les soirs sous la bâche de l'estafette pour garder le matos.
A noter que, sur cette première tournée, nous dormons dans n'importe quelles conditions (sur scène, chez l'habitante, sur la plage, dans des chantiers en construction ou dans des maisons inhabitées). Au retour à Uzes, le pantalon de Mimi tient debout tout seul, et nous sommes tous crades comme des porcs.

En été 1986, tournée en Bretagne “TONTON ET LE BUS” avec PARALYTICS, groupe indé nîmois, en première partie.

Douze dates en deux semaines.
Mimi achète un bus de 33 places, un Saviem de 30 ans. C’est nickel, hormis le problème que personne ne possède de permis transport en commun, qu’il faut passer le bus aux Mines tous les 6 mois et qu’il se traîne comme un bus de ville (29 heures de route entre St Brieux et Nîmes…).
Tonton, dit “le tunisien maltais ou l’homme du milieu", se propose de venir passer deux semaines de “vacances” avec nous, comme chauffeur, pour notre plus grand bonheur.
Sur cette virée, il n'aurait pas été concevable de ne pas amener Le Bleu avec nous. Il faut dire que 2 mois avant la tournée, il était tombé d'un platane en pleine nuit, en croyant se trouver dans un cerisier. Sortant d'un de ses nombreux séjours à l'hosto dont il a toujours été coutumier, nous le mettons dans le bus avec son corset (une vertèbre cassée), un bras dans le plâtre et la jambe opposée avec des broches toutes neuves qui ressemblaient à une antenne de télévision (multiple fracture ouverte de la jambe). Arrivé en Bretagne on lui dégote un fauteuil roulant, afin qu'il puisse venir faire ses frasques théâtrales sur scène avec nous, et se mouvoir dans sa vie quotidienne.

A La Baule, lors d'un concert pour les vendeurs de glaces du littoral (ils sont près de 200 à vivre sur un terrain au bord de mer aménagé en camping), Loulou fait un looping arrière en plein concert, son tabouret de batterie s'étant reculé de la charrette sur laquelle le groupe était installé. Dix secondes plus tard, il rejoue comme si rien ne s'était passé.
Cette année-là, les bars ne ferment que deux heures par 24 heures avec autorisation de la préfecture des Côtes-Du-Nord (maintenant on dit les Côtes d’Armor)... c'est bon pour la fête ça.
Grosses fêtes à Quimper (L’eau Blanche), Callac (Le Chihuahua), Maël-Carhaix (Les Elephants Roses – L’enseigne) ou Quintenic (L’Eclipse).



En été 1987, tournée “BOUFFE ET ALCOOL”

L’ami et chauffeur Tonton est remplacé par Michel “l’auxerrois” dit aussi “le bourguignon”.
Le bus Saviem se casse à Tours en début de tournée (arbre du pont brisé) et nous devons continuer en camionnette de location. Du coup, tout l'argent récolté pendant cette tournée, servira à payer la location.

A Paimpol (l'Escale), les marins-pêcheurs habitués du lieu, tous d'anciens copains du Bleu qui a traîné ses guêtres sur le port dans sa jeunesse, font une battle de chansons paillardes avec nous. On en ressort tous bourrés comme des coings. A la sortie du bar, Mimi est rattrapé par une jambe in extremis par Loulou, alors qu’il allait tomber en contrebas dans le port de Paimpol (6 mètres de haut) à marée basse, suite à une bagarre avec Michel le chauffeur. En effet “l’auxerrois” a encore plus bu que les autres et il a le vin mauvais (d'ailleurs sur toute cette tournée il va se battre comme un chiffonnier avec tout le monde).

A la sortie du dernier concert, au Barracuda à Plérin, on a la désagréable surprise de constater à 6 heures du mat au moment de prendre le départ pour le retour au bercail, que les deux rétroviseurs ont été arrachés. D'où un voyage Saint-Brieuc - Uzes, puis dans la foulée Uzes - Tours pour rendre le véhicule de location, avec Annie qui "fera le rétro" (près de 30 heures non-stop de conduite pour Loulou, avec 2 nuits blanches consécutives).
Grosse engueulade puis bonne bagarre entre Benoît et Loulou. Ce dernier finira par débarquer le dit Benoît sur le bord de la route du retour près de Libourne, alors que tous les autres musiciens comatent encore.

Hiver 1988, tournée “dans l’EST”

C'est la petite Caro qui fera la chauffeur de cette tournée, avec sa joie de vivre indéfectible.
Une dizaine de dates dans l’est de la France, la plus arrosée de nos tournées, dont les concerts sont payés parfois en Champagne ou en bon vin d’Alsace, et où la bouffe est digne des festins de Pantagruel ou d’Astérix (tonneaux, volailles, gigots).
Grand souvenir du concert de Mirecourt dans les Vosges, où les organisateurs, les J.J.S.S. (Jeunes et Joyeux Sangliers Sauvages), nous accueillent comme des rois. Loulou, se coince méchamment un doigt dans la porte du camion 5 minutes avant de rentrer sur scène, et va hurler de douleur tout le concert (il a d'ailleurs ce jour-là pris place dans une alcôve, située à 3 mètres au-dessus de la scène, sans avoir de communication possible avec les autres musiciens). L'apothéose de la soirée aura lieu après le concert. Un repas somptueux nous sera servi, auquel les 120 personnes de leur association prennent part, dans la salle des fêtes de la bourgade.
A Guebwiller, nous sommes invités à la foire au vin qui se déroule .... dans la chapelle du village. Tous ensemble nous faisons le tour des exposants avec notre petit verre de dégustation à la main. Après 4 heures de déambulation et de mélange de Sylvaner, de Tockey, de Riesling ou de Gewurztraminer, on sort tous "faits comme des rats", comme dans la chanson.
Dans un bar sur la Place de Longwy, chez Casimir le patron, en présence du Maire et de son Conseil Municipal, on a fait un concours de chansons paillardes avec GEGENE ET LES HAINES, gloires locales du punk.
Le Bleu constate à la fin du concert de Belfort, qu'il s'est fait piquer la poupée gonflable qu'il brandit habituellement sur scène pendant que nous jouons "Nina, la Poupée qui dit oui". Les fans qui nous ont volé la dite poupée nous la rendrons l'année suivante, lors d'un concert (l'ont-ils utilisée comme poupée gonflable ?).

Sur cette tournée, aura lieu notre première rencontre avec les musiciens de TETES RAIDES à leur début (il n'y a que 4 personnes dans le public). On tombe sous le charme du groupe (ah qu'ils étaient forts !!!) et Loulou échange 10 albums de "Dèche à la ch'touille" de TULAVIOK contre 10 fameuses galettes en carton du premier opus éponyme de TETES RAIDES.



(diaporama dans une autre fenêtre)

 

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